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Jean-Claude Portier, Architecte “J’ai toujours été un adepte de la mixité”:
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Co-fondateur du bureau de Giuli & Portier Architectes SA, Jean-Claude Portier réalise son premier projet dans sa chambre d’enfant, sans imaginer que cela le mènerait jusqu’aux ateliers d’architectes reconnus. Concerné par le changement climatique, il apporte des solutions pour bâtir durablement, de la rénovation de la Maison Rochette au début de sa carrière, et plus récemment à la construction de la Maison des Missions avec Hestia by Swissroc Group. Aujourd’hui, il nous parle avec passion et optimisme de son parcours et de ses projets emblématiques.

 

Après plus de 30 ans d’expérience, pouvez vous nous parler de votre parcours en tant qu’architecte ?

J’ai d’abord étudié la médecine pendant deux ans et je me suis rendu compte que l’aspect créatif de la vie me manquait. Je suis donc revenu à ma passion d’enfance : l’architecture. J’ai alors commencé mes études à l’école d’architecture de Genève. J’ai suivi plusieurs ateliers qui m’ont beaucoup marqué : ceux de Peppo Brivio, de Tita Carloni et un stage chez Jacques Choisy Architectes. Une fois diplômé en 1986, j’ai progressivement obtenu un poste à responsabilité dans le bureau de feu mon père, qui m’avait confié, entre autres, le mandat d’étude de réhabilitation-restructuration du site de Genève-Plage. J’avais déjà participé aux travaux de rénovation des combles de la deuxième cour du Palais de Justice avant de m’occuper de mon premier projet complexe : la Maison Rochette à Onex. J’ai également participé à plusieurs concours d’architecture et d’urbanisme, avant de m’associer avec Jean-Noël de Giuli et de fonder notre bureau commun.

Projet Stellar 32

Votre bureau Portier Architecture a été créé en 1961. II a fusionné en 2000 avec de Giuli : pouvez-vous nous en dire plus sur cette association ?

J’ai connu Jean-Noël de Giuli en 1986, lorsque mon père travaillait avec Georges de Giuli en tant qu’architecte associé sur le projet Maison Rochette. L’année 1992 marquera un tournant, car avec Jean-Noël et notre ami Serge Dal Busco, alors ingénieur civil, nous avons fait la proposition spontanée d’un projet pour la construction du stade de Genève. Même si l’issue finale de l’appel d’offres nous fut défavorable, cela nous a permis de créer un grand réseau par les contacts que nous avons acquis et développés pour mener à bien cette idée : nous n’avions déjà peur de rien. Cette initiative nous a donné une certaine crédibilité auprès des collectivités et amené d’autres projets très variés. C’est à partir du 1er janvier 2001 que nous avons officiellement fusionné, sous l’œil bienveillant de nos pères. Il y a 20 ans nous étions quatre, aujourd’hui nous comptons sur 30 personnes à Genève et 15 à Lisbonne.

D’après vos réalisations, vous êtes plutôt spécialisés dans la construction et l’aménagement de bureaux, les projets industriels… Pourquoi cette orientation ?

C’est simplement que nos réalisations industrielles ont plus de visibilité en ce moment. Car nous avons, entre autres, travaillé sur une ville nouvelle en Egypte composée de 140’000 mètres carrés de surfaces à bâtir dont 900 logements. Actuellement, nous étudions des ensembles de logements, une école, des bâtiments multi-usages intégrant activités et résidence hôtelière en Valais et quelques projets industriels. Nous réalisons entre autres : l’hôtel Marriott et la Mission de l’Inde à Genève, ainsi qu’un immeuble mixte pour les HUG. J’ai aussi aimé concevoir le projet Atrium Park dans la Zimeysa : ce complexe multifonctionnel, intégrant un hôtel et des restaurants en pleine zone industrielle a permis de revitaliser un pan de tissu urbain autrefois en déliquescence.

Mission de l’Inde

D’où vient cet intérêt pour les zones industrielles ?

J’ai toujours été un adepte de la mixité des activités : certaines constructions et territoires industriels actuels peuvent facilement être reconvertis en de multiples affectations. Tandis que les bâtiments neufs, conçus comme des structures d’accueil flexibles; pourront être transformés en lofts ou même héberger une partie des data centers locaux. Aujourd’hui, nous avons le devoir de réhabiliter certains lieux afin de s’inscrire dans une démarche de développement réellement durable, car la société n’a plus les moyens de s’offrir de multiples constructions et reconstructions inutiles. Il faut donc recycler les matériaux et repenser les usages.

Quel est le projet qui définit le plus le style de Giuli & Portier selon vous ?

Je crois que nous n’avons pas de « style » prédéfini, car pour moi le style est quelque chose d’assez péjoratif. Nous avons notre langage et oui, il peut y avoir des points communs formels dans les projets. Nous n’essayons pas d’imaginer une réalisation conformément à un style. La forme finale du projet naît du site, du programme, de l’échelle du lieu, de l’histoire. Le Corbusier disait « l’architecture c’est une tournure d’esprit, pas un métier », c’est une manière de réfléchir les choses, dont résulte une réponse formelle. Je ne crois pas qu’il soit possible de vraiment définir un style de Giuli & Portier, ou alors, je laisse aux spécialistes le soin de le faire.

Quel projet en collaboration avec Hestia vous a le plus marqué ?

Certainement la Maison des Missions diplomatiques à Genève. C’est un long bâtiment de bas gabarit, de plus de 100 mètres de long qui a été divisé verticalement pour chaque pays acquéreur des unités créées. Ce genre de projet entre souvent en résonance avec d’autres : il y a quelques années, la République de Singapour nous a chargés de créer leur Mission à Genève ; ensuite nous avons projeté la Mission de l’Inde (actuellement en cours de construction) et gagné le concours international pour la Mission d’Egypte, aujourd’hui réalisée. Forts de cette expérience en la matière, nous avons été contactés par M3, qui nous a mis en relation avec Hestia pour la réalisation de cette Maison des Missions à Genève.

Maison de Missions diplomatiques

Qu’est-ce qui différencie Hestia par rapport à ses concurrents dans votre domaine ?

Essentiellement à l’écoute, elle est très attentive. Je peux aussi observer qu’il y a cette recherche permanente de qualité.

Quel est votre rapport avec Monsieur Blanc ?


Il est excellent car nous sommes amis d’enfance. Nous avons collaboré ensemble à ses débuts chez Implenia, puis il est allé fonder Hestia. Professionnellement, il a de grandes compétences et un vrai franc-parler qui nous permettent de trouver des solutions ensemble. C’est une relation de confiance. J’espère réaliser de nouveaux projets avec lui.