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Hervé de Giovannini, architecte epfl-sia “Nous essayons de refléter tous les aspects sociaux et environnementaux à travers les projets”
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Hervé de Giovannini est le fondateur du bureau d’architecte du même nom. Passionné par le métier depuis son plus jeune âge, il est surtout connu pour avoir imaginé les prestigieuses villas Reposoir, Dufaux et Ruth. Mais c’est grâce à un projet résidentiel de plus grande envergure qu’il s’est découvert une affinité particulière pour les projets à forte connotation sociale. Partenaire d’Hestia by Swissroc depuis le projet d’immeuble Confessions 11 dans le quartier Saint Jean à Genève, il nous partage sa vision du métier : humaniste, collaborative et empreinte de respect.

Après plus de 30 ans d’expérience, pouvez-vous nous parler de votre parcours en tant qu’architecte ?

Je suis un Italien né à la Vallée de Joux. J’ai fait des études à l’école d’ingénieur à Genève, puis à l’EPFL à Lausanne avant d’obtenir mon diplôme d’architecture à Venise. Je pense que ces quelques éléments reflètent parfaitement un esprit de découverte et d’observation. Par conséquent, ils m’ont naturellement amené à développer une certaine créativité.

Vos bureaux sont implantés à Genève et Lausanne depuis 1984 et Berlin depuis 2012. Pourquoi avoir choisi de vous installer à Berlin ?

Il y a quelques fois des événements qui nous entraînent dans des choix inattendus : un de mes collaborateurs est allé s’installer à Berlin pour des raisons familiales. Étant désireux de connaître d’autres horizons de travail, nous avons ouvert un bureau d’architecture commun pour des projets à forte connotation sociale. S’en est suivi la création de la coopérative Urban Coop. Laquelle a gagné un concours pour la réalisation de 60 logements.

Observez-vous des différences entre le marché de l’architecture en Allemagne à Berlin, et celui en Suisse ?

En plus de la concurrence, qui est beaucoup plus marquée à Berlin, il y a une capacité financière qui n’est pas celle de Genève ou de Lausanne, c’est donc très compliqué de trouver un équilibre entre ce que souhaitent les habitants et ce qui est alloué pour réaliser la construction. À Genève par exemple, il est plus simple de trouver les moyens pour offrir certains apports liés au objectif du développement durable… Alors qu’à Berlin, c’est très difficile car les budgets sont très limités et ne permettent pas ces plus, pourtant si importants pour le bien-être des occupants.

Cour intérieure Jonction

Quel est le projet qui définit le plus le style De Giovannini selon vous ?

Nous essayons de refléter tous les aspects sociaux et environnementaux à travers les projets. L’immeuble de la coopérative Jordils-Moulins à Yverdon est celui qui exprime le mieux cette notion. C’est un projet qui regroupe toutes les préoccupations liées à l’aspect social, le développement durable, le choix des matériaux et l’aspect de la qualité d’habitat. Avec ce projet, nous avons essayé de mixer des populations différentes pour contribuer à la richesse des échanges dans ce type d’environnement. Par exemple, nous avons créé une buanderie tout en haut de l’immeuble, qui est devenue un lieu de ralliement. Au rez-de-chaussée se trouvent une salle commune et un magnifique jardin arboré pour qu’ils puissent se réunir. Nous essayons de proposer un maximum de confort de vie à tous ces habitants. Nous avons également prêté une attention particulière aux couleurs car il est admis que psychologiquement, lorsque des teintes différentes comme le bleu, le jaune ou le rouge se côtoient, cela peut créer un déclic chez certaines personnes. Parfois, des habitants arrivaient moralement fragilisés et après quelques mois, se sentaient beaucoup mieux. Je pense que le choix des couleurs, les lieux d’échange et le jardin arboré ont un impact positif sur la vie des habitants.

Quel projet en collaboration avec Hestia vous a le plus marqué ?

Bien évidemment le projet de Confessions 11, situé dans le quartier de Saint-Jean, qui vient de se terminer. Il s’agissait d’une dent creuse : un espace qui n’est pas encore construit entre deux sites urbanisés, le challenge était d’arriver à créer un immeuble qui soit viable malgré tous les paramètres liés à la distance et la promiscuité entre les bâtiments.

Et finalement, malgré toutes ces contraintes, nous avons réussi à réaliser un bâtiment qui a fort bonne allure. Il mélange la pierre, le bois, et bénéficie de belles ouvertures vitrées sur un grand espace jardin qui est situé dans la cour.

Confessions 11

Quel est votre rapport avec Monsieur Blanc ?

Philippe Blanc était mon associé de 1986 à 1991, nous avons réalisés de beaux projets ensemble. Cependant, face à la conjoncture difficile de l’époque, nous avons dû nous séparer. Aujourd’hui nous évoluons en tant que partenaires, ce dont je me réjouis.

Qu’est-ce qui différencie Hestia par rapport à ses concurrents dans votre domaine ?

C’est une entreprise à taille humaine, le dialogue est aisé. Il est très simple d’échanger avec Philippe Blanc ou ses collaborateurs qui sont tous réactifs. Au delà de l’aspect vraiment professionnel, il y a un respect de l’architecte, ce qui n’est pas forcément le cas avec tous.

Est-ce une volonté du cabinet DGB Architects Ltd de réaliser des ensembles résidentiels plutôt que des logements individuels ou industriels ?

C’est une histoire d’opportunité de travail : nous réalisons autant de villas de grand luxe que des logements sociaux. En fait, c’est surtout un déclic qui s’est fait grâce à l’opportunité de travail sur Yverdon, avec la fameuse coopérative, à laquelle j’ai trouvé de nombreux atouts. Des avantages comme celui du dialogue et le fait que les habitants soient intégrés dans les décisions prises pour le futur projet. C’est ce qui m’a particulièrement plu. Car au travers ce mode de fonctionnement, il est plus simple de trouver des solutions innovantes, l’intégration de matériaux écologiques, ce que l’on ne peut pas forcément toujours réaliser. Cette façon de travailler est plutôt agréable pour un architecte qui a envie de découvrir d’autres horizons.

Villa Le Reposoir