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Kenneth Ross, bureau RDR architectes : “L’architecture au service du bien-être de tous”
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Fondé en 1993, le bureau Richter Dahl Rocha & Associés architectes a construit sa notoriété sur la réalisation de bâtiments emblématiques, tels que la rénovation du siège de Nestlé ou le SwissTech Convention Center. Installé à Lausanne, RDR architectes a ouvert un bureau à Buenos Aires, renouant avec l’histoire des fondateurs. Kenneth Ross, associé au sein du bureau, évoque le partenariat avec Hestia autour du projet Stellar 32 à Plan-les-Ouates.

Le bureau Richter Dahl Rocha a été fondé en 1993 par Ignacio Dahl Rocha et Jacques Richter, succédant au bureau du père de ce dernier. L’héritage familial se ressent-il toujours au quotidien ?

Il règne une ambiance familiale au sein du bureau. Nous fonctionnons comme une grande famille, nous sommes assez contents d’avoir réussi à maintenir cette ambiance malgré le fait que la taille du bureau ait drastiquement augmenté. Nous étions une vingtaine lorsque nous avons débuté, nous sommes 70 aujourd’hui, et vingt personnes de plus en Argentine. On se tutoie tous, il y a un niveau de connivence à toutes les échelles qui est très positif.

Kenneth Ross, vous êtes associé au sein du bureau depuis 2006. Comment se traduit la collaboration avec les autres associés ? 

Jacques Richter et Ignacio Dahl Rocha se connaissent de longue date. Ils ont étudié ensemble avant de reprendre le bureau de Max Richter, le père de Jacques. Ignacio Dahl Rocha était l’un de mes professeurs en Argentine et, alors que j’étais de passage en Suisse, il m’a proposé d’intégrer l’équipe, puis de devenir associé. Aujourd’hui, nous entrons dans une période de renouveau en préparant la transition entre les anciens et les nouveaux associés. Je suis désormais le jeune parmi les vieux, ou le vieux parmi les jeunes !

Les collaborateurs du bureau RDR architectes

Vous êtes un spécialiste de la restauration et de la conservation architecturale, comment cela se matérialise-t-il dans vos projets ?

La combinaison de nos expériences et du hasard nous a amenés à faire face à des projets d’envergure. Je pense à la rénovation du siège de Nestlé à Vevey, monument historique de l’architecture moderne en Suisse Romande, mais aussi au siège du Crédit Suisse à Lausanne ou au projet Rhône 8 (ancien siège d’UBS) à Genève… Pour relever le défi de l’intervention sur des bâtiments classés, nous devons bien comprendre le cadre dans lequel nous évoluons et définir des stratégies claires avec des réponses adéquates aux projets que nous conduisons. Au final, chaque projet est le résultat d’une combinaison de stratégies entre la conservation, la restauration ou la nouvelle construction.

Vous avez imaginé des bâtiments prestigieux. En quoi ces réalisations ont-elles permis au bureau d’acquérir une grande notoriété ?

Le projet du siège de Nestlé est celui qui nous a permis de passer à un autre degré de réflexion. Nous avons été mandatés en 1996, nous n’étions pas un très grand bureau à l’époque et obtenir un mandat de cette nature nous a confrontés à un défi de taille : mettre en place une équipe, une réflexion, une collaboration avec un client extrêmement bien organisé et structuré. La collaboration avec le client et les autres mandataires a été déterminante. Nous avons également collaboré sur des projets pour l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne et l’Institute for Management Development à Lausanne, pour lequel nous avons réalisé quatre bâtiments sur le campus. Ces expériences nous ont permis de développer une réflexion centrée sur la collaboration et orientée vers des solutions qui prennent en compte l’ensemble des problématiques fonctionnelles, constructives, légales ou sociétales, sans être moins ambitieuses en termes d’architecture.

nestle, building, renovation

Siège Nestlé

Y a-t-il une “signature” Richter Dahl Rocha ?

Il n’y a pas de signature ou de style particulier. Nous avons une attitude commune vis à vis des projets, qui est de mettre l’architecture au service des hommes et des femmes. On considère qu’il est important de prendre l’architecture comme un véritable service à nos clients, envers la société et envers nous-mêmes. On respecte la manière dont on fait les choses autant que le produit final. L’un n’a pas de sens sans l’autre. Trouver l’équilibre au quotidien entre les envies et les intérêts des participants (notre équipe, les partenaires, les maîtres de l’ouvrage…) est un vrai challenge. Il faut avoir de l’expérience et garder une certaine ouverture d’esprit pour être capable de faire des propositions novatrices.

Vous avez obtenu trois années consécutivement le prix Bilan de l’immobilier pour vos réalisations, ainsi que de nombreuses autres distinctions. Qu’est-ce que cela représente pour vous ? 

Concernant les prix Bilan, même si l’origine des mandats n’a pas été la même, nous avons réussi à chaque fois à mettre en place un véritable dialogue avec notre client pour aller au-delà du simple remplissage du cahier des charges. Que cette méthodologie, autant que le rendu final, soit reconnue ensuite par un prix, c’est toujours satisfaisant.

L’architecture est en constante mutation. Quel regard portez-vous sur votre métier et sur son évolution dans les années à venir ?

Nous comprenons l’architecture et le rôle des architectes comme étant au service du bien-être de tous. Nous voulons rester ouverts, relever de nouveaux défis, être confrontés à de nouveaux problèmes et trouver des solutions à tous les niveaux, sur toutes les problématiques. Bien sûr, il faut prendre en compte la digitalisation, l’intégration des instruments numériques, le BIM… Mais cela reste des outils. In fine, nous devons trouver les bonnes réponses aux problématiques d’un client, dans un contexte sociétal et environnemental donné. Ces contraintes ne se simplifient pas, les aspects économiques sont ardus, mais nous devons rester des architectes engagés et curieux pour se poser les bonnes questions et pouvoir offrir des solutions exemplaires, avec l’humain au centre de nos préoccupations.

Vous avez un bureau basé à Buenos Aires, avec lequel vous faites au quotidien un transfert de compétences. Ce multiculturalisme est-il un plus pour votre bureau ?

Nous avons eu l’opportunité d’ouvrir un bureau à Buenos Aires avec la possibilité de nous reconnecter avec nos histoires personnelles. La notion de multiculturalisme est un grand plus, pour nos équipes et les projets que l’on développe. Nous avons la chance d’être mandatés en France, en Argentine ou ailleurs en Amérique Latine, où nous sommes confrontés à des situations très diverses. Mais le fait d’avoir dans notre ADN cette identité internationale nous aide à apporter des solutions opportunes et pertinentes pour nos différents clients.

Que retenez-vous de vos collaborations avec Hestia, sur les projets Pont Rouge et Stellar 32 ?

Nous avons été mandatés sur le projet Stellar 32 à la suite d’un concours remporté en 2016. Nous travaillons également ensemble sur le projet Pont Rouge à Lancy. On est très contents de la mise en place de ce partenariat. Hestia, c’est une entreprise avec laquelle nous collaborons depuis peu, car nos interventions se concentraient auparavant sur Lausanne et le canton de Vaud. Ces dernières années, on a eu la chance de remporter quelques concours et ainsi d’être plus actifs sur Genève et son canton. Dans tout le processus de réflexion que nous avons mené sur les projets de Stellar 32 et Pont Rouge, nous avons trouvé en Hestia un véritable partenaire, fort d’une grande expérience en tant qu’entreprise générale. Ses collaborateurs font preuve de professionnalisme au quotidien et c’est un plaisir que de travailler à leurs côtés.

Quelles sont les spécificités qui caractérisent le projet Stellar 32 ? 

Le concours portait sur un avant-projet existant. Il s’agissait de le réorganiser pour l’optimiser, le rendre plus efficace, en respectant le gabarit donné et les surfaces. Il a fallu rendre modulaire et flexible une grande surface (35000 m2) dans un bâtiment très long et très profond, ce qui nécessitait l’intégration de patios, apports de lumière supplémentaire. Optimiser ces grandes surfaces en termes de capacité d’usage, cela a été un exercice intéressant. Nous avons œuvré sur les matériaux des façades pour refléter ce qu’il se passe à l’intérieur du bâtiment. Ce n’est pas juste une peau que l’on colle sur un volume pour le rendre sympathique, il y a tout un travail de réflexion pour tenter de transmettre un certain caractère, ou exprimer un certain état d’esprit.

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Projet Stellar 32

En quoi le fait d’œuvrer sur un bâtiment industriel de cette taille nécessite des compétences particulières ?

La question de la taille est un thème en tant que tel, souvent lié à la complexité. De là l’importance de la manière dont nous développons les projets, les partenariats. Nos trois décennies d’expériences nous ont permis d’apprendre à collaborer et tisser des liens avec un bon nombre de mandataires et confrères. Dans ces grands projets, le travail de l’équipe est déterminant, il faut se poser les bonnes questions et beaucoup travailler pour trouver les réponses optimales.